Petrobras profite de la baisse : un pari de 1,2 milliard de dollars sur la bioraffinerie
Le 19 juin 2026, Petrobras a approuvé la construction d'une bioraffinerie à Cubatao pour un montant de 1,2 milliard de dollars, le même mois où l'industrie pétrolière était décrite comme se détournant des carburants renouvelables et où Shell dépréciait l'usine abandonnée de Rotterdam. Il ne s'agit pas d'une attitude anticonformiste. C'est une compagnie pétrolière nationale qui achète des capacités à prix réduit, en deçà d'une demande réglementée, et qui bénéficie d'un avantage concurrentiel en matière d'approvisionnement.
- La décision finale d'investissement (FID) est effective et datée. Approuvée par le conseil d'administration le 19 juin 2026, elle représente un investissement d'environ 1,2 milliard de dollars, une production pouvant atteindre 15 000 barils par jour de carburants renouvelables, un démarrage prévu en 2030 et figure dans le portefeuille de mise en œuvre de base du plan 2026-2030, ce qui signifie qu'elle est budgétisée et non conditionnelle.
- La période d'approvisionnement est ouverte et courte. Le formulaire 6-K indique que Petrobras entame la phase finale de la contractualisation, les travaux de construction devant débuter d'ici fin 2026. Aucun entrepreneur EPC, concédant de licence ou fournisseur de catalyseur n'a été désigné.
- Cette exigence est imposée par la loi, et non par choix. La loi brésilienne 14.993/2024 impose une réduction de 1 % des émissions de CO2 du secteur aérien à partir de 2027, ce taux passant à 10 % d'ici 2037.
- Petrobras a géré les risques de manière séquencée. L'entreprise a validé la chaîne d'approvisionnement, de certification et d'écoulement grâce à une co-production chez REDUC, en vendant un lot de 3 800 mètres cubes de SAF le 17 juin 2026, avant de s'engager pour 1,2 milliard de dollars d'acier chez RPBC.
- Le message clé pour les fournisseurs tient en une phrase d'un directeur de Petrobras : l'entreprise entend encourager sa chaîne d'approvisionnement à adopter des pratiques durables vérifiables. La certification devient un critère commercial, et non plus un simple argumentaire environnemental, social et de gouvernance.
- Le risque légitime. Les ingénieurs de Neste décrivent un repli du secteur et affirment que la croissance de l'offre de carburant d'aviation durable (SAF) dépassera celle de la demande au moins jusqu'en 2030. Le SAF représentait environ 0,7 % du carburant d'aviation en 2025. Petrobras investit dans un déficit de capacité qui pourrait engendrer un manque à gagner pendant des années.
Une usine HEFA dédiée, budgétisée, avec une horloge de 2030
Le 19 juin 2026, le conseil d'administration de Petrobras a approuvé la décision finale d'investissement pour le projet RPBC Biorrefino, une usine de production de biocarburant pour l'aviation et de diesel renouvelable implantée sur le site de la raffinerie Presidente Bernardes à Cubatao, dans l'État de São Paulo. La société a déposé ce document auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis. Formulaire 6-K le 22 juin 2026.
Les principaux chiffres, tirés du dossier et de Communiqué de Petrobras: un investissement estimé à 1,2 milliard de dollars, une capacité de production allant jusqu'à 15 000 barils par jour de carburants renouvelables et une mise en service prévue en 2030. RPBC est une raffinerie d'une capacité de 170 000 barils par jour, et la nouvelle unité utilise la voie HEFA, des esters et des acides gras hydrotraités.
Deux détails du document ont une importance commerciale plus grande que le titre. Premièrement, le projet figure dans le portefeuille de mise en œuvre de base du plan d'affaires 2026-2030, ce qui signifie que le budget est approuvé et non conditionné par un financement. Deuxièmement, selon les termes mêmes du document, Petrobras va maintenant passer à la phase finale de la contractualisation et de la signature des accords, les travaux de construction devant débuter d'ici la fin de 2026.
Une étude de configuration antérieure de 2024, rapportée par Journal du pétrole et du gaz, Le projet décrit une capacité de production de 790 000 tonnes par an de matières premières renouvelables, permettant d'obtenir 6 000 barils/jour de SAF, 6 000 barils/jour de diesel renouvelable et 3 000 barils/jour d'autres produits renouvelables. Ces données constituent une base de conception indicative. Petrobras n'a pas divulgué la répartition finale des produits, la liste des matières premières utilisées, le nom du concédant de licence technologique ni celui de l'entrepreneur EPC. Toute information communiquée à ce sujet aujourd'hui relève de la spéculation.
Projet 54Cubatao est le point de rencontre entre une courbe de demande réglementée et 1,2 milliard de dollars d'acier.Quatre raisons, et aucune n'est idéologique.
La première raison est que cette exigence est inscrite dans la loi. La loi brésilienne sur les carburants du futur, Loi 14.993 de 2024, oblige les opérateurs de l'aviation intérieure à réduire leurs émissions de CO2 de 1 % à partir de 2027, ce taux passant à 10 % d'ici 2037, comme indiqué dans le Mise à jour de la politique de l'ICCT de février 2026. Petrobras lie explicitement sa décision finale d'investissement (FID) à cette loi et au système CORSIA de l'OACI. Un producteur européen cherchant à obtenir des contrats d'achat volontaires et un producteur brésilien soumis à une obligation légale n'exercent pas les mêmes activités.
La deuxième raison est la planification. Petrobras n'a pas commencé par l'usine de 1,2 milliard de dollars. L'entreprise a débuté par le co-traitement, qui utilise les unités de raffinage existantes et nécessite un investissement minimal. Le 17 juin 2026, deux jours avant la décision finale d'investissement (FID), elle a finalisé la première production et la vente d'un lot de 3 800 mètres cubes de SAF (carbone d'huile de soja) à REDUC, sa raffinerie de Rio d'une capacité de 239 000 barils/jour. Ce lot, contenant 1 % d'énergie renouvelable, a été fabriqué à partir d'huile de soja fournie par Bunge et certifiée CORSIA à faible risque d'impact indirect sur le changement d'affectation des terres (ILUC). Il a été vendu au distributeur Vibra. Petrobras affirme qu'il s'agit du premier SAF au monde issu de soja certifié à faible ILUC. REDUC est équipée pour produire jusqu'à 10 000 barils/jour de SAF par co-traitement. Le plan finance également les adaptations nécessaires au co-traitement à REGAP et REPLAN.
Analysez attentivement cette séquence. La chaîne d'approvisionnement, la chaîne de certification et la chaîne d'écoulement ont toutes été validées commercialement avant même que l'acier ne soit commandé. C'est l'inverse de la manière dont la plupart des acteurs du secteur ont abordé le HEFA.
La troisième raison concerne les matières premières. Le Brésil dispose de soja et de suif en grande quantité, et la certification CORSIA à faible impact environnemental (faible IUC) de Bunge est l'élément clé qui permet aux huiles végétales d'extraction à base de soja d'être commercialisées sur les marchés conformes à la réglementation CORSIA. Les producteurs européens se disputent les huiles de cuisson usagées, une ressource rare. Il s'agit d'une asymétrie structurelle, et non d'un avantage concurrentiel lié aux coûts qui s'érode.
Le quatrième facteur est le calendrier. Shell a suspendu ses activités et a effectivement déprécié son usine HEFA de Rotterdam, d'une capacité de 820 000 tonnes par an, passant une charge estimée entre 600 millions et 1 milliard de dollars. Les ingénieurs de Neste, quant à eux, ont écrit dans Journal du pétrole et du gaz Le 30 juin 2026, cette période sera qualifiée de repli du secteur. Petrobras profite d'un déficit de capacité en achetant à prix réduit, grâce à des liquidités provenant de la période précédant l'exploitation du sel, avec un seuil de rentabilité du portefeuille autour de 25 dollars le baril de Brent et des coûts d'extraction inférieurs à 6 dollars le baril.
La citation qui compte est destinée aux fournisseurs
Angelica Laureano, directrice de la logistique, de la commercialisation et des marchés chez Petrobras, le 17 juin 2026, à propos de la première vente certifiée de SAF :
" La commercialisation du premier SAF au monde à base de soja certifié à faible risque d’impact indirect sur le changement d’affectation des terres témoigne de l’engagement de Petrobras en faveur du développement durable, de la transition énergétique et de la mise au point de produits répondant aux exigences du marché et de la société. Elle reflète également notre volonté d’encourager nos fournisseurs, tout au long de leur chaîne de production, à adopter des pratiques durables et vérifiables. "
Cette deuxième phrase devrait repenser le marketing d'un fournisseur. Une compagnie pétrolière nationale affirme publiquement son intention de généraliser des pratiques de développement durable vérifiables tout au long de sa chaîne d'approvisionnement. « Vérifiable » est le mot clé. Pas une simple aspiration, ni une action non divulguée, mais une action vérifiée.
Magda Chambriard, directrice générale, à propos du plan d'affaires 2026-2030 qui porte le projet :
" Avec le plan d’affaires 2026-2030, nous réaffirmons notre ambition de croître avec le Brésil. Nos investissements représentent un volume considérable pour l’économie brésilienne, soit 1 040 109 milliards de dollars américains, ce qui représente 51 030 milliards de dollars américains d’investissements totaux dans le pays… Nous poursuivrons notre développement en tant qu’entreprise intégrée et acteur majeur de la transition énergétique juste. "
Et le document lui-même, signé par le directeur financier Fernando Sabbi Melgarejo : " Grâce à cette approbation, Petrobras passera à la phase finale de la contractualisation et de l’exécution des accords, les travaux de construction devant commencer d’ici la fin de 2026. "
Pour mettre les choses en contexte, le plan 2026-2030 Le plan d'investissement total s'élève à 109 milliards de dollars, dont 13 milliards sont consacrés à la transition énergétique, 15,8 milliards au raffinage, au transport et à la commercialisation (y compris la pétrochimie et les engrais), et 69,2 milliards à l'exploration et à la production. L'investissement dans les énergies renouvelables est bien réel, mais il ne représente que 12 % du plan. Il s'agit d'une stratégie de diversification pour une entreprise du secteur des hydrocarbures, et non d'une conversion.
La table des pairs
La comparaison constitue l'argument. Petrobras sanctionne tandis que ses concurrents restreignent ou suspendent leurs activités.
Notez ce que le tableau ne révèle pas, car personne ne l'a divulgué : la répartition des produits RPBC, le concédant de licence et l'entrepreneur EPC. Ce sont les trois informations que tous les fournisseurs de cette chaîne souhaitent connaître, et elles seront dévoilées au cours des deux prochains trimestres.
| Projet | Investissements | Capacité | Timing | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Petrobras RPBC Biorrefino, Cubatao, HEFA | Environ 1,2 milliard de dollars | Jusqu'à 15 000 barils/jour de carburants renouvelables | Décision finale d'investissement (FID) le 19 juin 2026, construction à partir de fin 2026, mise en service en 2030 | Sanctionné |
| Petrobras REDUC, co-traitement | Non divulgué | Jusqu'à 10 000 barils/jour de SAF avec 1,2 % d'alimentation renouvelable | Production et vente juin 2026 | En direct |
| Shell Rotterdam HEFA | Des frais de 600 millions à 1 milliard de dollars ont été prélevés. | 820 000 tonnes par an conçues | Prévu pour 2025 | Construction arrêtée, consignée par écrit |
| Neste, groupe | Non divulgué | Jusqu'à 6,8 Mt/an d'énergies renouvelables, dont 2,2 Mt/an de SAF | L'expansion s'achève en 2027 | Bâtiment |
| Grandpuits TotalEnergies | Non divulgué | Jusqu'à 230 000 tonnes par an de SAF au démarrage | Mise en service 2026 | Démarrage |
| Marché mondial des SAF, contexte | Environ 0,7 % du carburant d'aviation en 2025. L'IATA prévoit 2,4 Mt en 2026 contre 1,9 Mt en 2025. | Contexte |
Une fenêtre à deux pans et une nouvelle porte commerciale
Une période d'approvisionnement est actuellement ouverte, mais elle se termine rapidement. Le dossier indique que la phase finale de contractualisation débute immédiatement, la construction devant commencer fin 2026. Cela laisse environ deux trimestres aux entreprises EPC, aux concédants de licences de technologie HEFA, aux fournisseurs de catalyseurs, aux fournisseurs d'unités de prétraitement, aux fournisseurs d'hydrogène, aux fournisseurs d'équipements rotatifs, ainsi qu'aux prestataires logistiques et de stockage, pour se positionner. Petrobras n'a désigné aucun acteur. L'appel d'offres est ouvert.
La certification est devenue un passage obligé pour les entreprises, et non plus une simple formalité de conformité. La déclaration de Laureano constitue un engagement direct à imposer aux fournisseurs des pratiques de développement durable vérifiables, ce qui se traduit concrètement par une chaîne de contrôle ISCC et CORSIA à faible impact sur le changement d'affectation des terres (ILUC). Tout fournisseur de cette chaîne, qu'il soit agricole, logistique, spécialisé dans les tests, l'audit ou les logiciels, doit désormais fournir un argumentaire de certification, et non plus un simple paragraphe sur les critères ESG. Nous avons analysé en détail les mécanismes de cette exigence dans notre dossier sur… Acquisition de données Shell Scope 3, et le motif se répète.
La frontière entre agriculture et énergie s'estompe. Bunge, entreprise agroalimentaire, est désormais un fournisseur majeur de matières premières pour carburants, et Vibra assure la distribution. Tout acteur du secteur énergétique devrait s'intéresser aux centres d'achat des secteurs agroalimentaire et aéronautique, et pas seulement à ceux du raffinage.
Le co-traitement génère des revenus à court terme, tandis que les usines dédiées devraient générer des revenus à l'horizon 2030. Les adaptations REGAP et REPLAN sont plus modestes, plus rapides et financées par le même plan. Il s'agit d'une mesure à plus court terme, moins coûteuse en termes de ventes de billets que RPBC, et elle est négligée car moins spectaculaire.
Les fournisseurs qui avaient abandonné les biocarburants après le retrait de Shell et BP ont désormais une opportunité de repositionnement. Ils font face à un acheteur actif de 1,2 milliard de dollars, soutenu par une demande encadrée par la loi, et à une concurrence moins forte qu'il y a deux ans.
La discipline de signalisation ici est celle que nous avons définie dans notre dossier sur Données d'intention et signaux d'achat dans le secteur de l'énergie. Ce FID est un signal d'engagement de niveau 2, daté, causal et public. Il vaut bien plus que n'importe quelle vague de recherche que vous pourriez acheter.
La trajectoire et le risque honnête
À court terme, tout est contractuel. L'attribution des contrats et le début des travaux sont prévus pour le second semestre 2026, conformément aux intentions affichées par Petrobras. Le pic des dépenses liées à l'ingénierie, à l'approvisionnement et à la construction (EPC) et à l'acquisition d'équipements devrait se situer en 2027 et 2028, même s'il s'agit d'une estimation. Petrobras n'a publié aucun échéancier.
En 2027, l'obligation du Brésil en matière de SAF (Small Air Fuel Act) passera à 1 % en vue de la réduction des émissions, pour atteindre 10 % en 2037. Petrobras couvrira les premières années grâce au co-traitement à REDUC et aux adaptations REGAP et REPLAN, et non grâce à RPBC, qui ne démarrera qu'en 2030.
Le risque est maintenant clairement énoncé. Le SAF représentait environ 0,7 % de la consommation de carburant des compagnies aériennes en 2025, et l'IATA prévoit une production mondiale de SAF de seulement 2,4 millions de tonnes en 2026, contre 1,9 million de tonnes en 2025. L'analyse réalisée par Neste soutient que la croissance de l'offre de SAF dépassera celle de la demande au moins jusqu'en 2030, date à laquelle le programme ReFuelEU atteindra 6 %. Si cette hypothèse se confirme, Petrobras s'engage sur un marché aux marges structurellement faibles pour les premières années d'utilisation de ce carburant. Il convient de noter que cet argument est avancé par des employés de Neste ; il faut donc le considérer comme un point de vue éclairé par un fournisseur plutôt que comme une analyse objective. Cependant, il n'est pas manifestement erroné.
L'argument contraire est que Petrobras ne finance pas l'usine sur la base des marges réalisées sur le marché du SAF. Son financement repose sur une obligation légale nationale, un approvisionnement en matières premières et une part de marché de 30 % sur un marché national des carburants d'aviation qu'elle approvisionne déjà. Ce profil de risque est sensiblement différent de celui d'une usine européenne de HEFA destinée au marché du carburant et cherchant à satisfaire les demandes volontaires des entreprises, un modèle qui a précisément échoué.
Analyse stratégique du secteur : les acteurs qui réussissent dans le domaine des carburants renouvelables sont de plus en plus ceux qui disposent d’un marché captif réglementé et d’une chaîne d’approvisionnement intégrée, et non ceux qui possèdent la meilleure technologie. Cette conclusion est difficile à accepter pour les nouveaux entrants axés sur la technologie, et explique pourquoi une compagnie pétrolière nationale rachète les actifs qu’une supermajor vient de passer en pertes et profits.
Écoutez et emportez-le avec vous
Vous préférez le format audio ou vous avez besoin de la présentation pour une analyse interne ? Le compte rendu complet est disponible sous forme d’épisode de podcast et de diaporama téléchargeable.
Petrobras a autorisé la construction d'une bioraffinerie HEFA le même mois où le secteur était qualifié d'industrie en déclin. Quelle est la meilleure explication ?
Questions fréquemment posées
Il s'agit d'une usine dédiée à la production de biocarburant pour l'aviation et de diesel renouvelable, située à la raffinerie Presidente Bernardes de Petrobras à Cubatão, dans l'État de São Paulo. Approuvée par le conseil d'administration de Petrobras le 19 juin 2026 pour un investissement estimé à 1,2 milliard de dollars, cette usine utilise la technologie HEFA et aura une capacité de production allant jusqu'à 15 000 barils par jour de carburants renouvelables. Sa mise en service est prévue pour 2030. Intégrée au portefeuille de projets de base du plan d'affaires 2026-2030, son budget est approuvé et non conditionnel.
Car la demande est imposée par la loi et non par le volontariat. La loi brésilienne sur les carburants du futur oblige l'aviation intérieure à réduire ses émissions de CO2 de 1 % à partir de 2027, puis de 10 % d'ici 2037, et Petrobras approvisionne déjà ce marché. Le projet Rotterdam de Shell était financé par des engagements volontaires des entreprises et des marges commerciales, et Shell a enregistré une charge estimée entre 600 millions et 1 milliard de dollars lors de l'arrêt des travaux. Petrobras dispose également d'une position dominante sur le marché intérieur des matières premières que sont le soja et le suif, tandis que les producteurs européens se disputent les huiles de cuisson usagées, une ressource rare.
Le formulaire 6-K déposé auprès de la SEC le 22 juin 2026 indique que Petrobras passera à la phase finale de la contractualisation et de la signature des accords, les travaux de construction devant débuter d'ici la fin de 2026. Cela laisse présager l'attribution de contrats au cours du second semestre 2026. Petrobras n'a désigné ni entrepreneur EPC, ni concédant de licence technologique, ni fournisseur de catalyseur ; le choix reste donc ouvert. Le pic des acquisitions d'équipements devrait se situer entre 2027 et 2028, bien qu'il s'agisse d'une estimation de notre part et que Petrobras n'ait publié aucun calendrier précis.
Deux points importants. Premièrement, une courte période d'approvisionnement est actuellement ouverte, couvrant l'ingénierie, l'approvisionnement et la construction (EPC), les licences HEFA, les catalyseurs, les unités de prétraitement, la fourniture d'hydrogène, les équipements rotatifs et les réservoirs. Deuxièmement, et de manière plus durable, la certification est devenue un critère essentiel pour les transactions commerciales. Le directeur de la logistique, de la commercialisation et des marchés de Petrobras a déclaré que l'entreprise entend encourager ses fournisseurs à adopter des pratiques durables vérifiables, ce qui se traduit concrètement par une chaîne de contrôle ISCC et CORSIA à faible impact sur le changement d'affectation des terres (ILUC), plutôt que par un engagement ESG général.
Pas de façon évidente, et c'est là le véritable risque du pari de Petrobras. Le supercarburant représentait environ 0,7 % de la consommation de carburant des compagnies aériennes en 2025, et l'IATA prévoit une production mondiale de seulement 2,4 millions de tonnes en 2026, contre 1,9 million de tonnes en 2025. Une analyse publiée dans l'Oil and Gas Journal en juin 2026, réalisée par des ingénieurs de Neste, soutient que la croissance de l'offre de supercarburant dépassera celle de la demande au moins jusqu'en 2030. Petrobras rétorque que le financement de l'usine repose sur une obligation légale nationale et une position intégrée en matière d'approvisionnement, et non sur les marges bénéficiaires du supercarburant sur le marché.
Obtenez la suite gouttelettes de renseignement
Rejoignez les leaders des secteurs de l'énergie et de l'industrie et recevez directement nos informations stratégiques en matière de marketing, de croissance par IA et d'architecture des revenus, sans superflu.
Vous êtes sur la liste
Bienvenue dans The Energy Growth Brief, consultez votre boîte de réception pour le prochain numéro.